La callidie sanguine

Le velours des fauteuils de théâtre dans mon jardin ?

Pyrrhidium sanguineum, la callidie sanguine © Gilles Carcassès

Il est passé devant moi d’un vol lourd. Intrigué par sa couleur, je l’ai suivi dans le jardin et il m’a aimablement accordé quelques photos.

Ce coléoptère, en grande partie recouvert d’une pilosité d’un rouge profond, est commun partout en France et très facile à reconnaître. Sa larve consomme le bois juste sous l’écorce des branches récemment coupées. L’adulte émerge dès la sortie de l’hiver, et parfois plus tôt dans la chaleur des maisons. Ainsi, dans la nature on voit apparaître Pyrrhidium sanguineum fin mars ou début avril, ce qui en fait le plus précoce des longicornes. Dans les habitations où l’on stocke quelques bûches de chêne pour la cheminée, il n’est pas rare de le le rencontrer en plein hiver. Bien sûr, les charpentes n’ont rien à craindre de ce coléoptère xylophage incapable de s’attaquer au bois sec et écorcé.

Pyrrhidium sanguineum © Gilles Carcassès

La callidie sanguine a aussi quelques touffes de poils rouges sous le thorax et sur les derniers segments ventraux de son abdomen.

Source :

La callidie sanguine, par André Lequet

Derniers jours de mangeoire, on en profite !

Mésange bleue – Poissy © Gilles Carcassès

C’est la LPO qui le dit : en avril, on arrête le nourrissage des oiseaux de jardins. La mauvaise saison passée, il est temps qu’ils retrouvent leur autonomie alimentaire et leurs réflexes d’oiseaux sauvages. Alors je profite des dernières graines pour me régaler à prendre une dernière fois en photos les petits habitants de mon jardin.

Mésange charbonnière © Gilles Carcassès

N’a-t-elle pas fière allure la mésange charbonnière ? Cette bande noire très large sur le ventre nous indique qu’il s’agit d’un mâle. Avec les mésanges bleues, les charbonnières ont été très présentes aux mangeoires tout l’hiver. Nous n’avons vu les mésanges huppées et les mésanges nonnettes qu’aux moments les plus froids.

Pinson des arbres mâle © Gilles Carcassès

Celui-là, je le surnomme « tête dure » depuis son accident de fenêtre !

Pinson femelle © Gilles Carcassès

La femelle du pinson est plus terne mais je la trouve très gracieuse. Elle a moins d’audace que le mâle et se contente de récupérer à terre les graines tombées de la table de jardin.

Rouge-gorge © Gilles Carcassès

Cette tige de glycine est un perchoir très prisé ! Voici que se présente le rouge-gorge qui vient parfois picorer sur les boules de graisse.

Accenteur mouchet © Gilles Carcassès

Quand à l’accenteur mouchet, toujours sautillant, il se nourrit au sol et dispute aux moineaux les restes de la gamelle des poules !

Le lézard des murailles

Lacerta muralis dans mon jardin de Poissy © Gilles Carcassès

Le roi de l’escalade

Mon potager est adossé à la grange du voisin et le haut mur de pierres exposé plein sud est le paradis des lézards. Ils y capturent les mouches imprudentes, se chauffent au soleil, explorent les trous à tous les étages. Leurs longs doigts griffus et leurs écailles leur permettent de se déplacer très facilement sur les surfaces rugueuses, même si elles sont verticales. En revanche, lorsque l’un d’eux rentre par erreur dans le salon, il patine lamentablement sur le carrelage ! Il faut vite le récupérer avec la pelle à poussières et la balayette avant qu’il aille se cacher sous l’armoire !

Qui ose me déranger pendant ma sieste ?

Lézard des murailles – Poissy © Gilles Carcassès

Celui-ci dormait sur une corniche moussue. Mon objectif à quelques centimètres a fini par l’inquiéter un peu. J’ai quelques remords : le lézard des murailles est une espèce protégée.

L’amélanchier

J’ai récupéré cet arbuste chez un horticulteur qui cessait son activité. La plante était gratuite mais pas étiquetée. Au printemps suivant, elle m’a fait la surprise d’une bien jolie floraison. Je l’ai alors identifiée : il s’agit d’un amélanchier. Avec les années, la petite touffe est devenue un arbuste très gracieux de plus de trois mètres de haut.

Amelanchier canadensis © Gilles Carcassès

Il s’agit très probablement de l’amélanchier du Canada (Amelanchier canadensis), classique dans les jardins. On peut trouver en pépinières une petite dizaine d’espèces d’amélanchier, pour la plupart d’origine américaine, ainsi que quelques hybrides et variétés sélectionnées pour leur port ou la taille de leurs fruits. Tous les amélanchiers produisent en effet des fruits comestibles dont on peut peut faire de très bonnes confitures. Cette année, peut-être aurai-je une belle récolte ? Sauf si, comme d’habitude…

pigeon sur amélanchier
Pigeon ramier © Gilles Carcassès

Les oiseaux gourmands passent régulièrement avant moi et mangent les amélanches dès qu’elles commencent à mûrir !

On peut trouver dans notre région une espèce indigène d’amélanchier, le rare Amelanchier ovalis. Cette espèce méridionale est présente localement dans le sud de l’Ile-de-France ainsi que dans la réserve naturelle nationale des coteaux de la Seine, à l’Ouest du Val d’Oise. On la reconnaît à ses feuilles arrondies.

Les amélanchiers sont des arbustes très recommandables pour les jardins, ils sont très rustiques, résistent remarquablement bien à la sécheresse, ne sont pas trop encombrants et se parent de belles couleurs automnales.

Des fleurs qui résistent aux poules

J’ai confié l’entretien de mon jardin à une équipe de poules : Henriette, Philippine et Louisette. Par commodité, je leur ai attribué des diminutifs : Riri, Phiphi et Loulou. Elles mangent les vermines, spécialement le balanin des noisettes, et elles désherbent avec beaucoup d’efficacité. Heureusement, certaines plantes tapissantes à fleurs de mon jardin ne sont pas à leur goût et résistent à leurs grattages. Je vous les présente ici.

La violette odorante, Viola odorata © Gilles Carcassès

Mes poules ne mangent pas les violettes et c’est heureux car j’adore leur parfum puissant. Je les vois d’année en année coloniser un peu plus le jardin. Cependant les poules font la chasse aux fourmis et c’est embêtant pour les violettes car, comme chacun sait, ce sont des plantes myrmécochores.

Vinca acutiloba © Gilles Carcassès

La pervenche à fleurs en étoile est une plante exubérante, elle grimpe aux grillages et arrive même à étouffer le lierre. Les poules font des sentiers de découverte dans les massifs de pervenches, mais n’y font pas de grands dégâts. Au contraire, les fientes déposées au hasard de leurs promenades semblent stimuler la floraison de mes pervenches.

Vinca minor ‘Atropurpurea’, la petite pervenche pourpre © Gilles Carcassès

Beaucoup plus basse et plus sage que la précédente, cette petite pervenche pourpre me séduit chaque année par la délicatesse de ses coloris.

Le grand bombyle

Bombylius major, le grand bombyle, pose au soleil dans mon jardin de Poissy © Gilles Carcassès

Voilà une bestiole bien étrange : un nounours rouquin affublé d’une longue trompe et d’une paire d’ailes bicolores ! Les larves de ce diptère sont en fait des parasites des larves de certains hyménoptères, comme les andrènes et les bourdons. Au début du printemps, la femelle bombyle dépose ses œufs à l’entrée de leurs terriers.

On voit souvent le grand bombyle se nourrir en vol stationnaire, plongeant sa trompe au fond des corolles printanières.

Un autre Bombyliidae :

L’anthracine morio

Quelques fleurs de mon jardin

Heureusement, je peux encore mettre le nez dans le jardin et vous faire profiter de ses trésors.

La mare et ses iris des marais, surplombée par le Magnolia liliflora © Gilles Carcassès

Les feuilles rouges sont celles d’un épimedium, elles côtoient une touffe de narcisses ‘Thalia’, très vieille et très fidèle. Cette mare est alimentée par une des gouttières du toit de ma maison. Elle s’assèche souvent en été et se remplit chaque hiver.

Narcissus triandrus ‘Thalia’ © Gilles Carcassès

Les narcisses ‘Geranium’, très parfumés, commencent à prendre le relais. Eux aussi se naturalisent très bien au jardin.

Narcissus ‘Geranium’ © Gilles Carcassès

Un danger guette les visiteurs : cette araignée crabe (Misumena sp.) sait se fondre dans le paysage !

Magnolia X loebneri ‘Leonard Messel’ © Gilles Carcassès

La star du moment, c’est le magnolia ‘Leonard Messel’. Ses grandes fleurs rose pâle blanchissent en s’épanouissant.