Le leste vert

Couples de lestes verts en ponte dans un saule – mare de l’espace naturel des berges de l’Oise à Maurecourt © Gilles Carcassès

Ces demoiselles pondent dans les arbres !

Postés bien en vue sur un saule, les lestes verts mâles guettent l’arrivée des femelles. Des couples se forment et volent en tandem, les mâles saisissant la nuque des femelles par les cerques à l’extrémité de leur abdomen. Ensuite, toujours en tandem, les femelles fécondées replient leur abdomen et insèrent leurs œufs un à un avec leur ovipositeur sous l’écorce de rameaux surplombant l’eau. Ces branches prennent alors une allure boursouflée caractéristique due à ces pontes alignées. Au printemps suivant, les jeunes larves quittent leur abri d’écorce et rejoignent le milieu aquatique.

Chalcolestes viridis femelle – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

Cette espèce se reconnaît à ses pterostigmas clairs cernés de noir (au bout des ailes) et aux dessins du côté de son thorax.

Retrouvez un autre leste :

Le leste brun

Source :

Chalcolestes viridis, fiche descriptive dans l’INPN

Deux épeires qui chassent la nuit

Larinioides sclopetarius – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

L’épeire des ponts

Larinioides sclopetarius est une épeire d’assez grande taille, elle affectionne les murs et les structures métalliques des édifices près de l’eau, comme les ponts et les barrages. C’est sur la rambarde de la rampe d’accès à la Maison des insectes que je rencontre cette grosse femelle à l’affût. Je la touche pour voir si elle veut bien me mordre : elle se laisse filer rapidement jusqu’au sol le long d’une soie. Cette espèce ressemble à Larinioides cornutus qui s’installe habituellement sur les roseaux et les plantes du bord de l’eau.

Zygiella x-notata – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

L’épeire des fenêtres

Cette Zygiella x-notata se tient sur sa toile établie contre le chalet en bois qui abrite les toilettes sèches du parc. Elle est plus petite que l’épeire des ponts. Elle capture des insectes dans sa toile construite généralement dans l’encadrement d’une fenêtre ou d’une porte. L’araignée se tient à l’abri dans un tube de soie établie dans une fissure ou un trou d’aération. Un fil d’alerte relie sa cachette à sa toile.

Retrouvez deux autres épeires :

L’épeire de velours

L’épeire frelon

Sternbergia lutea

Sternbergia lutea – Poissy © Gilles Carcassès

Cette plante bulbeuse fleurit chaque année en octobre dans mon jardin. Ses feuilles qui apparaissent en même temps que ses fleurs, restent présentes tout l’hiver. Le reste de l’année, la belle se fait oublier.

Un crocus jaune ?

Ce n’est pas un crocus car ses fleurs ont six étamines, les crocus n’en ont que trois. Il s’agit de Sternbergia lutea, originaire du bassin méditerranéen, la seule espèce du genre facile à trouver dans le commerce. Il faut planter ses caïeux en août à 10 centimètres de profondeur dans un sol léger, en situation ensoleillée. La plante fleurit d’autant plus généreusement que l’été a été chaud et sec. Elle se naturalise très facilement. J’ai cette touffe dans mon jardin depuis plus de vingt ans.

Cette espèce est toxique. Mes trois poules, pourtant voraces et curieuses, doivent le savoir. Elles passent tous les jours à côté mais n’y touchent jamais !

Retrouvez d’autres plantes bulbeuses de mon jardin :

Des glaïeuls rustiques

La tulipe de Crète

Trigonophora flammea

Trigonophora flammea – Poissy © Gilles Carcassès

Jolie coiffure !

La noctuelle embrasée doit son nom au motif jaune en forme de flamme très visible sur son aile antérieure. Les chenilles de cette espèce se nourrissent de rumex et d’autres plantes herbacées. C’est une noctuelle automnale, son pic d’émergence étant en octobre.

Trigonophora flammea – Poissy © Gilles Carcassès

Une autre espèce serait possible en Ile-de-France (voir la source ci-dessous). Les couleurs vives et contrastées, la bande jaune sur le bord interne de l’aile intérieure, la flamme anguleuse confirment l’espèce Trigonophora flammea.

Cette espèce est citée comme très rare dans la base de données régionale Cettia, mais il semble que ce soit abusif car elle est maintenant souvent observée en Ile-de-France.

Source :

Les Trigonophora de France, par David Demergès

Retrouvez d’autres papillons de nuit :

La brocatelle d’or

La passagère

Sympetrum striolatum

Sympetrum striolatum mâle – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

Ce sympétrum rouge se distingue des autres espèces proches par les deux bandes obliques nacrées qui ornent le côté de son thorax. Chez le mâle elles sont séparées par une bande rouge qui les rend bien visibles, même de loin. Ses pattes sont noires avec une fine raie jaune. Sympetrum striolatum est peu exigeant quand à la nature et la qualité des plans d’eau, il colonise souvent les bassins en milieu urbain dense. Les adultes émergent en juin et peuvent vivre assez longtemps : on peut les voir aux abords des étangs en arrière-saison, souvent jusqu’à la fin de l’année.

Retrouvez une autre libellule rouge :

Crocothemis erythraea

Sources :

Sympetrum striolatum, fiche descriptive par l’INPN

Sympetrum striolatum, dans l’Atlas des libellules d’Ile-de-France

Déjà 200 !

Le téléphore fauve – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

Ce blog, créé le 25 février 2020, compte déjà 200 articles ! Vous pouvez les retrouver en remontant le fil d’actualité ou en utilisant le moteur de recherche situé sous le bloc des cinq articles les plus récents.

65 personnes se sont abonnées et reçoivent chaque matin par messagerie l’article quotidien. Depuis sa création, le blog a reçu 5800 visites.

L’article le plus visité présentait un coléoptère facile à observer en été sur les ombelles et très utile au jardin : le téléphore fauve.

Balsamine de l’Himalaya – forêt de Rambouillet © Gilles Carcassès

Les deux articles consacrés à la balsamine de l’Himalaya et à la pie-grièche écorcheur ont également eu beaucoup de succès.

Pie-grièche écorcheur – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

Un grand merci pour vos commentaires et votre fidélité !

Calathus fuscipes

Calathus fuscipes – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

Au pied d’un potelet d’éclairage devant la Maison des insectes, je découvre ce carabique noir à la forme en amande. Il est de grande taille (plus de 10 mm), les pattes et les antennes sont rousses, l’arrière du pronotum est ponctué, cela élimine pas mal d’espèces. Sur chaque élytre, je repère deux alignements de petits points enfoncés. Ces points, qui correspondent à l’insertion de poils, sont situés sur la troisième et la cinquième interstrie (sillon) de l’élytre. C’est justement un critère de l’espèce Calathus fuscipes. Je suis enchanté de faire sa connaissance !

On compte en France plus de 1000 espèces de Carabidae. J’ai utilisé le guide de détermination des carabidés des paysages agricoles du quart nord-ouest de la France qui ne traite que 165 espèces et c’est déjà beaucoup ! Je recommande la lecture de ce document (en source, à la fin de l’article) car chaque espèce fait l’objet d’une fiche joliment illustrée, avec les caractéristiques morphologiques et les données écologiques. Que de beautés se cachent dans nos prés, nos haies, nos jachères et nos champs ! En revanche la clé n’est abordable qu’avec une loupe binoculaire et beaucoup de patience.

Calathus fuscipes est commun dans de nombreux milieux qu’il colonise à pattes car il est dépourvu d’ailes. C’est un prédateur généraliste.

Retrouvez d’autres Carabidae :

Elaphrus riparius

Agonum marginatum

Source :

Clé de détermination des carabidés des paysages agricoles du nord-ouest de la France, par Jean-Luc Roger, Olivier Jambon et Guillaume Bouger

Scathophaga stercoraria, la scatophage du fumier

Scathophaga stercoraria – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

A la campagne, ces mouches jaunes composent de jolis tableaux vivants sur les bouses de vaches. Mais au parc du peuple de l’herbe, il n’y a pas de vaches. J’y croise seulement quelques bipèdes et leurs chiens.

Scathophaga stercoraria – parc du peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © Gilles Carcassès

Scathophaga stercoraria est une mouche prédatrice qui capture et consomme d’autres espèces de diptères. Ce mâle à l’épaisse fourrure dorée est sans doute à l’affut sur cette ronce. Les larves de la scatophage du fumier sont prédatrices elles aussi dans les excréments où elles se développent.

Scathophaga stercoraria mâle couvert de pollen – dans une pâture du Jura © Gilles Carcassès

On peut voir parfois ce diptère se restaurer sur les fleurs. Là où il abonde, c’est un pollinisateur sans doute assez important.

Retrouvez une autre mouche prédatrice :

Sphaeromias pictus

Boletus edulis, le cèpe de Bordeaux

Boletus edulis au pied d’un hêtre – forêt de Marly © Gilles Carcassès

Le cèpe de Bordeaux arrive souvent quelques semaines après le cèpe bronzé. Dans les Yvelines, je le croise selon les années de mi-septembre à début novembre. Il aime bien la compagnie des vieux arbres et la lumière comme le montre cette photo. C’est un champignon mycorhizien qui vit en symbiose avec les racines des chênes, des châtaigniers et des hêtres. En montagne, il peut aussi s’associer aux épicéas et aux sapins. En raison de cette association étroite entre le mycélium du champignon et les racines des arbres, les stations des cèpes de Bordeaux sont très fidèles, parfois au mètre près.

Le liseré blanc sur le bord du chapeau est une des caractéristiques de l’espèce.

Boletus edulis – forêt de Marly © Gilles Carcassès

En s’épanouissant, le champignon perd généralement sa marge blanche et les pores sous le chapeau jaunissent puis verdissent.

Boletus edulis est l’un des rares champignons que l’on peut consommer cru (avec modération !). En effet de nombreuses espèces de champignons comestibles sont toxiques crus, c’est le cas par exemple des pieds bleus, des amanites rougissantes et des morilles.

Plusieurs espèces de bolets sont indigestes, voire toxiques, comme le bolet de Satan. C’est pourquoi il faut toujours rester très prudent dans les cueillettes de champignons : on ne consomme que les sujets jeunes et sains des espèces que l’on connaît parfaitement.

Chrysolina americana

Chrysolina americana – Jardins passagers du parc de La Villette à Paris © Gilles Carcassès

Chrysolina americana vit sur la lavande, le romarin, la sauge, le perovskia, Je choisis de la photographier sur une feuille de sauge officinale, elle est plus en vue et cela lui sied bien.

Chrysolina americana – Jardins passagers du parc de La Villette à Paris © Gilles Carcassès

Cette chrysomèle peut pulluler certaines années sur ses plantes hôtes qu’elle défolie avec voracité. Je demande au jardinier comment il agit avec ce ravageur, un truc de pro à partager pour nos lecteurs ? « Oui, il y en a un peu… Ce n’est pas vraiment gênant ». Il faut dire que cet homme de l’art gère un modèle de jardin écologique, les Jardins passagers du parc de la Villette. Sans doute dans cette belle profusion végétale se trouvent quelques prédateurs efficaces pour contrôler les populations de cet insecte. Les mésanges à longue queue et les guêpes polistes sont connues pour apprécier ses larves dodues.

Retrouvez d’autres chrysomèles :

Chrysomela tremula (sur les peupliers)

Cryptocephalus imperialis (sur les chênes)